Pour les Britannique, l'été de 1942 n'était aucunement comparable à celui de 1940, où ils s'étaient retrouvés seuls face à l'Allemagne et à l'Italie, combattent pour leur survie. En décembre 1941, en effet, le Japon avait agressé les Etats-Unis à Pearl Harbor, amenant les Américains à entrer en guerre. Quelques mois plutôt, en juin, Hitler s'était estimé assez puissant pour attaquer l'Union Soviètique.
Le Führer n'en oublia pas pour autant l'objectif tentant situé de l'autre côté de la Manche. La Luftwaffe ayant été rééquipée avec des Bf 109G et des Fw 190, tandis que les Spitfire à moteur Merlin 61 n'étaient pas encore disponible, les Allemands disposaient d'un très net avantage.
Rattraper le retard
La solution adopté par l'Air Ministry pour faire face à cette situation fut la même qui avait été choisie un an auparavant, époque ou le Merlin 45 avait été installé sur des cellules de Mk I t de Mk II pour donner naissance au Spitfire Mk V. Les Britanniques firent de même en 1942 en mettant en place le Merlin 61sur la cellule du Spitfire V, réalisant de cette façon le Mk IX. L'étonnant dans tout cela est que cette formule constitua une très belle réussite et que le Spitfire Mk IX affichait des performances très comparables à celles du Fw 190.
Dans l'intervalle, les ingénieurs allemands étaient parvenus à mettre au point le moteur Diesel Jumo 207 à six cylindres, qui, dans sa version B-3, était parfaitement adapté au vol à très haute altitude. A la fin du mois d'août 1942, la Luftwaffe disposait ainsi de deux Ju 86R, qui furent immédiatement engagés au-dessus de la Grande Bretagne. Bombardant des objectifs d'une altitude supérieur à 12 000m, ils ne pouvaient être interceptés par les Spitfire VI alors en service.
Combat mémorable
Mais la Luftwaffe subit un camouflet quand, deux semaines plus tard, elle tenta de renouveler la même opération sur la ville de Southampton. La Special Service Fligth de la RAF, basé à Northolt, avait en effet réceptionné deux Spitfire Mk IX armés de deux canons de 20mm et optimisés pour le vol à haute altitude. Le 12 Septembre, l'un de ces avions prit l'air en vue d'intercepter un Ju 86R qui évoluait à plus de 13 000m. Quand le Pilot Offcier Prince Emanuel Galitzine ouvrit le feu, son canon gauche s'enraya. L'officier continua à tirer avec son canon de droite, mais un seul obus atteignit en fin de compte le bombardier allemand. Néanmois, la Luftwaffe venait de perdre l'avantage technique qu'elle avait détenu jusque-là. Les Allemands, qui avaient été fortement échaudés, n'entreprirent jamais plus de telles actions.
Produit en tant qu'avions de transition et faisant pourtant preuve de très grande qualités, le Spitfire Mk IX fut le plus prolifique des appareils de cette lignée, avec plus de 7 000 exemplaires produit.